L’énergie solaire fascine depuis des millénaires. Pourtant, son exploitation industrielle ne date que de quelques décennies. De la découverte de l’effet photovoltaïque en 1839 aux 31,3 GW installés en France fin 2025, la trajectoire est vertigineuse. Aujourd’hui, la production solaire française a atteint 37,0 TWh en 2025, en hausse de 46 % par rapport à 2024, représentant 7,3 % de la consommation électrique nationale. L’histoire du solaire est celle d’une révolution discrète, née dans un laboratoire parisien, propulsée par la conquête spatiale et devenue aujourd’hui un pilier de la transition énergétique.
Les origines de l’énergie solaire : qui a découvert l’effet photovoltaïque ?
1839 : la découverte française qui a tout changé
L’histoire de l’énergie solaire commence bien avant l’ère industrielle. Dès l’Antiquité, Archimède utilisait des miroirs solaires pour concentrer les rayons du soleil. Mais la vraie rupture scientifique survient en 1839.
À seulement 19 ans, le physicien français Alexandre Edmond Becquerel met en évidence l’effet photovoltaïque, ouvrant la voie à une révolution énergétique. En plongeant deux électrodes dans un liquide conducteur, il observe un courant électrique lorsqu’une plaque est exposée à la lumière.
Imaginez un interrupteur que la lumière actionne toute seule : c’est précisément ce principe que Becquerel a mis au jour.
Le mot « PHOTO » vient du grec lumière et « VOLTAÏQUE » du nom du physicien Alessandro Volta. Les jalons suivants sont tout aussi décisifs :
- 1883 : Charles Fritts fabrique la première cellule solaire au sélénium recouvert d’or (rendement ~1 %).
- 1905 : Einstein publie sa théorie sur l’effet photoélectrique.
- 1954 : les laboratoires Bell (Chapin, Fuller, Pearson) mettent au point une cellule photovoltaïque au silicium atteignant un rendement de 6 %. Un tournant historique.
L’histoire du solaire et la conquête spatiale (1958–1970)
Quand l’espace a propulsé l’énergie solaire
L’histoire du photovoltaïque prend une dimension planétaire grâce aux satellites. En 1958, Vanguard I devient le premier satellite alimenté par des panneaux photovoltaïques. Durant les années 1960, cet usage se généralise. Les cellules solaires à bord de Vanguard 1 affichaient un rendement de 9 % et ont alimenté l’un des deux émetteurs radioélectriques embarqués durant huit ans.
Ces conditions extrêmes prouvent la robustesse exceptionnelle de la technologie. La NASA investit massivement. Les ingénieurs apprennent à produire des cellules plus légères, plus fiables, plus efficaces. Ces progrès bénéficient ensuite directement aux applications terrestres.
À retenir :
- 1958 : première application industrielle dans l’espace
- Années 1960 : généralisation aux satellites de communication
- Résultat : une technologie éprouvée, prête pour le grand public
La crise pétrolière de 1973 et le tournant de l’énergie solaire
Comment le choc pétrolier a accéléré l’histoire du solaire
En octobre 1973, les pays arabes de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) décrètent un embargo pétrolier. Le prix du baril quadruple en quelques semaines. Les gouvernements occidentaux prennent conscience de leur dépendance aux énergies fossiles. L’énergie solaire devient une priorité stratégique.
Le premier bâtiment alimenté uniquement par l’énergie solaire voit le jour à Albuquerque, au Nouveau Mexique, en 1974. C’est l’ère de la démonstration : prouver que le solaire peut alimenter une maison entière, pas seulement un satellite.
L’essor industriel de l’énergie solaire depuis les années 2000
Comment le solaire est devenu une énergie de masse
Après la signature des accords de Kyoto en 1997, des mécanismes d’incitations financières sont mis en place au Japon et en Allemagne dès 2000, puis progressivement dans la plupart des grands pays développés. Ces aides publiques changent la donne. Le coût des panneaux chute de façon spectaculaire.
Illustration chiffrée : un panneau solaire coûtait environ 80 €/Wc en 1980. Aujourd’hui, il s’acquiert pour moins de 0,20 €/Wc — soit une division du coût par 400 en 45 ans.
À l’échelle mondiale, en 2024, la capacité mondiale d’énergie renouvelable a connu une augmentation record de 585 GW. L’énergie solaire y a contribué à hauteur de 452 GW, consolidant sa domination dans le secteur des énergies renouvelables.
En Europe, en 2024, le solaire a représenté 11 % de la production électrique de l’UE et a, pour la première fois, dépassé le charbon dans le mix énergétique européen.
L’histoire de l’énergie solaire en France : où en est-on en 2025 ?
La France, acteur majeur de l’histoire solaire européenne
La France a rattrapé son retard avec une accélération remarquable. La filière solaire photovoltaïque s’est fortement développée à partir de 2009. Les chiffres récents sont éloquents :
- Au 31 décembre 2025 : 31,3 GW installés, avec 6,1 GW raccordés sur la seule année 2025
- Production 2025 : 37,0 TWh, en hausse de 46 % par rapport à 2024
- 58 % des installations photovoltaïques françaises pratiquent l’autoconsommation
Quels objectifs pour l’énergie solaire en France d’ici 2035 ?
La nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) fixe des objectifs de 65 à 90 GWc de capacité solaire installée en France d’ici 2035. Cela représente potentiellement un triplement du parc actuel en une décennie.
Les régions les plus dynamiques en 2025 :
- Nouvelle-Aquitaine
- Occitanie
- Auvergne-Rhône-Alpes
- Provence-Alpes-Côte d’Azur
Ces quatre régions concentrent à elles seules près de 65 % de la puissance nouvellement raccordée au premier trimestre 2025.
Conclusion
L’histoire de l’énergie solaire est un exemple rare de persévérance scientifique. D’une expérience de laboratoire en 1839 à 31,3 GW installés en France fin 2025, le chemin parcouru est considérable. Chaque crise (pétrolière, climatique, énergétique) a renforcé l’attractivité du solaire. Aujourd’hui, cette énergie n’est plus une alternative : c’est un choix économique rationnel. Le coût de production solaire est désormais l’un des plus bas de tous les modes de production d’électricité. Pour les particuliers comme pour les industriels, investir dans le photovoltaïque, c’est s’inscrire dans la continuité d’une révolution amorcée il y a près de deux siècles. L’énergie solaire a un avenir aussi lumineux que son histoire est riche !
